La louange est à Allah le Seigneur des mondes. À Lui reviennent les bienfaits, le mérite et les bons éloges.
Que les élévations en degré de Allah, Celui Qui accorde avec largesse, Celui Qui est miséricordieux et que les invocations des anges des plus hauts degrés, soient en faveur de notre maître Mouhammad, le plus honoré des messagers, ainsi qu’à sa famille bonne et pure.
Après cette introduction, certes, Allah ta^ala nous a fait miséricorde par l’envoi de Ses prophètes, que Dieu les honore et les élève davantage en degré. L’être humain ne peut se dispenser par sa simple raison, de l’envoi des prophètes. Comment aurions-nous pu savoir que le paradis ou l’enfer existent, si ce n’est par la voie des prophètes ? Comment aurions-nous pu connaître toutes les choses interdites et toutes les choses obligatoires, sans l’intermédiaire des prophètes ? Les prophètes, que Dieu les honore et les élève davantage en degré, ont transmis aux gens tout ce que Allah leur a ordonné de transmettre. Aucun prophète n’a failli à sa mission d’appeler à la religion agréée par Allah. Aucun prophète n’a dissimulé quelque chose que Dieu lui aurait donné l’ordre de transmettre. Aucun prophète n’a fait preuve de paresse, d’abstention ou de retard devant le fait d’ordonner le bien et d’interdire ce qui est blâmable, grâce auquel la vie de la religion est préservée.
Par ailleurs, Allah tabaraka wata^ala a fait que parmi les bénédictions que comporte le fait de demander la science de religion et d’assister aux assemblées de science, c’est que la personne qui apprend devient intelligente, perspicace, éclairée, elle acquiert une compréhension saine, et elle n’est plus en proie aux démons, des jinn ou des humains. Cependant, il convient que l’objectif et le but ultime de cet apprenant soient d’obtenir la récompense de la part de Allah ta^ala, de gagner Son agrément et de profiter aux musulmans, de glorifier l’Islam, d’en honorer le message, de s’affranchir des attraits du bas monde et de ses bassesses, afin que Allah lui accorde le succès dans son entreprise et lui accorde la réussite, et qu’il profite à lui-même et à autrui par cette science.
Il convient de plus d’être sincère dans la recherche de la science, chose qui est l’un des fruits de la sincérité dans l’intention. Il s’agit ainsi pour l’apprenant d’avoir l’intention par l’apprentissage de la science, d’obéir à l’ordre de Dieu, de rechercher la récompense de Sa part, et nullement de rechercher une réputation auprès des gens, leurs bons éloges, le devancement de ses pairs, la visibilité dans les assemblées et ce qui est de cet ordre.
Avec une chaîne de transmission qui remonte jusqu’à Abou Oumamah, du hadith de Abou Dawoud et An-Naça’iyy, un homme était venu auprès du Messager de Allah et lui avait dit : « Ô Messager de Allah, que dis-tu d’un homme qui est parti en conquête pour obtenir la récompense et une réputation, qu’a-t-il gagné ? » Il avait répondu :
(( لا شَيء ))
(la chay’) ce qui signifie : « Rien du tout. »
L’homme avait posé à nouveau la question, soit en tout trois fois, et à chaque fois le Prophète répondait :
(( لا شَيء ))
(la chay’) ce qui signifie : « Rien du tout. » Puis le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wasallam lui a dit :
(( إنّ اللهَ لا يقبلُ مِنَ العمل إلّا ما كان خالِصًا لهُ وما ابتُغِيَ بهِ وجْهَه ))
(‘inna l-Laha la yaqbalou mina l-^amali ‘il-la ma kana khalisan lahou wama btoughiya bihi wajhah) ce qui signifie : « Allah n’agrée parmi les actes que ceux qui sont accomplis sincèrement pour Lui, et pour gagner Son agrément. »
L’Imam Soufyan Ath-Thawriyy, que Dieu lui fasse miséricorde, a dit : « Je n’ai pas eu quelque chose de plus difficile à contrôler que ma propre intention. » Cela veut dire que le péché le plus difficile à éradiquer du cœur, c’est l’insincérité. Ceci est vrai car l’âme est naturellement encline à aimer les éloges. Il arrive que quelqu’un construise une école pour que l’on dise de lui que c’est un philanthrope. Ou qu’un autre donne des cours pour que l’on dise de lui que c’est un érudit. Il en est de même pour le reste des actes d’obéissance et de bienfaisance. Ceux qui œuvrent ainsi sont nombreux ; ceux qui sont sincères parmi eux sont peu nombreux.
La pureté des objectifs et des intentions est très importante. Les récompenses dans la Loi islamique sont fondées dessus.
Le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wasallam a dit :
(( إنّما الأعمالُ بالنيّاتِ وإنّما لِكلِّ امرِئٍ ما نوى ))
(‘innama l-‘a^malou bin-niyyat wa’innama likoulli mri’in ma nawa) ce qui signifie : « Les actes ne comptent que par les intentions et chacun sera rétribué selon son intention. »
Al-Boukhariyy a commencé son livre As-Sahih par ce hadith, et il lui a accordé le rôle de préface pour son ouvrage. C’est une allusion de sa part que tout acte par lequel on ne recherche pas l’agrément de Allah ta^ala est vain, sans fruit dans le bas monde et dans l’au-delà. Pour cela, ^Abdou r-Rahman Ibnou Mahdiyy a dit : « Si j’avais à composer un livre comportant plusieurs chapitres, j’insèrerais le hadith de ^Oumar (‘innama l-‘a^malou bin-niyyat) dans tous les chapitres. » D’après lui également : « Celui qui veut composer un ouvrage, qu’il le commence avec le hadith (‘innama l-‘a^malou bin-niyyat) ; l’âme est naturellement encline à l’insincérité. S’en débarrasser est une des choses les plus difficiles à faire pour elle. L’âme n’est complètement purifiée de l’insincérité qu’après une grande lutte. »
Il convient également à l’apprenant d’être modeste avec celui qui lui enseigne, qu’il soit respectueux avec lui et ce, conformément au hadith :
(( ليس من أُمّتي مَن لَم يُجِلَّ كَبيرَنا ويَرحَمْ صَغيرَنا ويَعرِفْ لِعالِمِنا حقَّه ))
[rapporté par Ahmad et d’autres] (layça min ‘oummati man lam youjil-la kabirana wayarham saghirana waya^rif li^alimina haqqah) ce qui signifie : « Ne fait pas partie des musulmans accomplis celui qui ne respecte pas le plus âgé d’entre nous, qui ne fait pas miséricorde au plus jeune d’entre nous et qui ne reconnaît pas le statut de nos savants. »
Al-Boukhariyy a rapporté de Anas Ibnou Malik, que Allah l’agrée, qu’il a dit : « Le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wasallam a dit à ‘Oubayy :
(( إنّ اللهَ أَمَرَني أَنْ أَقرأَ عليك ﴿لَم يَكُنِ الّذينَ كَفَرُوا مِنْ أَهْلِ الكِتابِ﴾ ))
(‘inna l-Laha ‘amarani an ‘aqra’a ^alayka lam yakouni l-ladhina kafarou min ‘ahli l-kitab) ce qui signifie : « Allah m’a révélé l’ordre de te réciter (lam yakouni l-ladhina kafarou min ‘ahli l-kitab). » Il a dit, c’est-à-dire ‘Oubayy Ibnou Ka^b : « Il m’a nommément cité ?! » Il lui répondit :
(( نَعَم ))
(na^am) ce qui signifie : « Oui ! » Alors il pleura.
Le Hafidh Ibnou Hajar a dit : « Il a pleuré soit par joie et bonheur de recevoir cette nouvelle, soit par crainte et peur de faillir au remerciement pour ce bienfait et cet honneur. » Ensuite il a dit : « Abou ^Oubayd a dit : « Ce qui est visé par la récitation à ‘Oubayy, c’est que ‘Oubayy apprenne du Prophète la récitation et qu’il se renforce dans sa récitation. C’est aussi pour que la récitation par cœur devant quelqu’un soit une tradition. C’est enfin pour attirer l’attention sur le mérite de ‘Oubayy Ibnou Ka^b et sa prévalence sur les autres dans la mémorisation du Qour’an. L’objectif n’est pas que le Prophète se souvienne de quoi que ce soit par cette récitation devant ‘Oubayy. » Al-Qourtoubiyy a dit dans son Tafsir : « On comprend de ce hadith que c’est une bonne chose que le savant récite devant l’apprenant. »
Ô Allah pardonne-nous, fais-nous miséricorde, protège-nous, donne-nous la victoire sur nos ennemis.
Ô Allah, ne fais pas que le bas monde soit notre plus grand souci ni l’ultime objet de nos connaissances. Et ne laisse pas les gens qui ne n’ont pas de miséricorde envers nous, nous attaquer.
Accorde-nous un bien dans le bas monde et un bien dans l’au-delà et préserve-nous du châtiment de l’enfer.
Ô Allah, fais que nous soyons des guides, bien guidés, et non des égarés ni des gens qui égarent autrui.
Notre dernière invocation est la louange est à Allah le Seigneur des mondes.
Que Allah honore et élève davantage en degré notre maître Mouhammad, ainsi que ses frères prophètes et messagers, les familles et les compagnons de chacun d’entre eux, et qu’Il les apaise quant au sort de leur communauté.