La louange est à Allah, le Seigneur des mondes, Celui Qui a ordonné la charité, l’équité et la bienfaisance et a interdit la perversité, le méfait et l’injustice. Que l’honneur et l’élévation en degré soient accordés à notre maître Mouhammad ainsi qu’à sa famille bonne et pure, ainsi qu’à ceux qui les ont suivis avec bienfaisance jusqu’au Jour dernier.
Parmi les sujets sur lesquels se sont accordés les savants de ‘Ahlou s-Sounnah, il y a qu’il est plus important de préserver les intérêts généraux que de préserver les intérêts privés. De même, il est plus important de repousser les nuisances d’ordre public que de repousser les nuisances d’ordre privé.
En application de cette règle, il convient que vous fournissiez tout votre effort dans ce que vous voyez être une préservation des intérêts généraux et que vous priorisiez les intérêts généraux sur les intérêts privés, de toutes vos forces.
Notre Messager honoré et élu, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degré et préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle, nous a fortement incité à accomplir les bienfaits, à veiller sur les intérêts généraux et à œuvrer pour les réaliser.
Ainsi, d’après Abou Hourayrah, que Allah l’agrée, un homme était venu voir le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wasallam qui avait envoyé quelqu’un questionner ses épouses, elles lui avaient répondu : « Nous n’avons que de l’eau. » Le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wasallam avait dit :
(( من يَضُمُّ أَو يُضَيِّفُ هذا ))
(man yadoummou ‘aw youdayyifou hadha) ce qui signifie : « Qui veut bien accueillir cet homme ? »
Un homme des ‘ansar (partisans) a répondu « moi. » Il est parti voir son épouse et lui a dit : « Veille à honorer l’invité du Messager de Allah. » Elle avait répondu : « Mais nous n’avons que la nourriture de nos enfants. » Il lui avait dit : « Prépare ta nourriture, allume ta chandelle, et fais dormir tes enfants quand ils voudront dîner. » Elle a préparé le repas, allumé la chandelle, elle a fait dormir les enfants puis elle s’est levée comme si elle voulait réparer la chandelle et l’a éteinte, ils se sont mis à faire croire à l’homme qu’ils étaient tous deux en train de manger mais ils ont passé la nuit le ventre vide, c’est-à-dire qu’ils n’ont rien mangé. Le lendemain matin, ce compagnon qui a fait preuve d’altruisme vis-à-vis de cet invité est parti voir le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wasallam, qui lui a dit des paroles qui signifient que Allah a agréé ce qu’ils avaient fait. Allah a révélé sa parole :
)وَيُؤْثِرُونَ عَلَى أَنْفُسِهِمْ وَلَوْ كَانَ بِهِمْ خَصَاصَةٌ وَمَنْ يُوقَ شُحَّ نَفْسِهِ فَأُولَئِكَ هُمُ الْمُفْلِحُونَ (
[sourat Al-Hachr / 9] (wayou’thirouna ^ala ‘anfoucihim walaw kana bihim khasasatoun waman youqa chouhha nafsihi fa’oula’ika houmou l-mouflihoun) ce qui signifie : « Ils font preuve d’altruisme même s’ils sont dans la difficulté et celui qui est préservé de sa propre avarice, ce sont eux ceux qui réussissent. »
Allah ta^ala nous a indiqué, dans ce verset, que l’altruisme n’était pas suite à une richesse mais plutôt avec un état de pauvreté et de nécessité. Ils n’avaient tous deux que la nourriture de leurs enfants et malgré cela l’épouse a préparé ce repas, elle a éteint sa chandelle et ils ont tous deux fait croire à leur invité qu’ils étaient tous deux en train de manger alors qu’ils ne mangeaient rien du tout, au contraire ils ont passé la nuit le ventre vide.
Il y a en cela la recherche de l’agrément du Seigneur des mondes, il y a aussi l’honneur du Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wasallam, et l’application de son ordre qui est général d’honorer l’invité, et Allah leur a fait gagner Son agrément par leur acte.
Dans le sahih de Al-Boukhariyy, le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wasallam a dit à propos de Al-Haçan Ibnou ^Aliyy, que Allah les agrée tous les deux :
(( إنّ ابنِي هذا سيّدٌ ولعلّ اللهَ أن يُصلِحَ به بين فِئَتَينِ مِن المسلمين عظيمَتَين ))
(‘inna bni hadha sayyid wala^alla l-Laha ‘an yousliha bihi bayna fi’atayni mina l-mouslimina ^adhimatayn) ce qui signifie : « Mon fils que voici est un maître et il se peut que Allah fasse qu’il soit une cause de réconciliation entre deux grands groupes de musulmans. »
Et cela s’est produit après l’assassinat de notre maître ^Aliyy, puisque Al-Haçan fils de ^Aliyy, que Allah les agrée tous les deux, s’est de lui-même désisté du pouvoir en faveur de Mou^awiyyah, afin de préserver le sang des musulmans, puisqu’il a dit que beaucoup de gens allaient nécessairement mourir dans notre armée et dans son armée. C’est donc par miséricorde pour les musulmans qu’il s’est désisté en faveur de Mou^awiyyah, en raison de la nécessité qu’il a considérée comme étant dans l’intérêt de la communauté et pour empêcher un mal général pour la communauté, alors que Mou^awiyyah ne méritait pas le Califat.
Il se peut donc que quelqu’un se décharge de son propre intérêt pour réaliser un intérêt plus large et ceci est un caractère qui n’est attribué qu’à celui à qui Allah fait miséricorde et à qui Il a accordé de nombreux bienfaits apparents et cachés. Ceci est une grâce de la part de Allah qu’Il accorde à qui Il veut et Allah est Celui Qui accorde avec largesse.
Parmi les caractères de bien, c’est que le maître d’un groupe s’occupe des membres du groupe et veille sur eux, les aide dans leurs affaires, et repousse d’eux le mal, la corruption autant que faire se peut.
À l’époque de ^Oumar Ibnou l-Khattab, que Allah l’agrée, il y avait un homme qui était particulièrement beau, nommé Nasr Ibnou Hajjaj. Une nuit, alors que ^Oumar marchait dans les quartiers de Médine, il a entendu une femme qui disait : « Y a-t-il moyen d’avoir du vin pour que j’en boive ou un moyen pour avoir Nasr Ibnou Hajjaj ? » C’est-à-dire qu’elle était éprise de lui au point de dire : « Donnez-moi du vin ou emmenez-moi chez lui. » ^Oumar a exilé Nasr, c’est-à-dire qu’il lui a ordonné d’aller habiter à l’extérieur de Médine par crainte pour lui que les femmes ne soient éprises de lui tant il était beau.
Le récit de Nasr Ibnou Hajjaj a été jugé sahih par le hafidh Ibnou Hajar et il l’a attribué à Ibnou Sa^d et à Al-Khara’itiyy. Cette veille et cette attention de la part de notre maître montre sa tendresse et sa miséricorde envers les gens et son attachement à ce que leur société soit saine, malgré ses préoccupations liées aux affaires du Califat et aux sujets extrêmement importants qui en découlaient, au point de ne pratiquement plus trouver le temps de se reposer. Mais ceci est une grâce de la part de Allah et un renfort qu’Il a accordés au Farouq de cette communauté, à celui qui est tel un flambeau.
Il a également été rapporté dans le hadith de At-Tabaraniyy, d’après le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wasallam :
(( إِنّ اللهَ يكرَهُ الذّوّاقينَ الذّوّاقات ))
(‘inna l-Laha yakrahou dh-dhawwaqina wadh-dhawwaqat) c’est-à-dire que Allah n’agrée pas ceux qui se marient uniquement pour le plaisir et non pour rester avec leur femme, simplement pour avoir un rapport avec elle puis la divorcer pour en épouser une autre et passer avec elle un peu de bon temps et ainsi de suite.
Il en est de même pour une femme qui se marierait avec un homme dans l’intention de ne pas rester avec lui mais plutôt pour assouvir son désir avec lui et lui demander le divorce pour en épouser un autre et ainsi de suite.
Ceci est quelque chose de laid que Allah n’agrée pas.
Quant à celui qui multiplie les mariages pour un intérêt religieux et non pas pour satisfaire son plaisir, comme l’a fait notre maître Soulayman ^alayhi s-salam, il a quant à lui une récompense.
Soulayman avait reçu une force pour le rapport qui n’avait été accordée à personne d’autre. Son cœur n’était pas attaché aux femmes mais il avait un objectif religieux, c’est-à-dire avoir parmi ses descendants des jeunes hommes musulmans qui fournissent leurs efforts dans la voie que Allah agrée. Cela lui tenait à cœur et Allah lui a accordé la force pour le faire.
Que Dieu vous aide, que Dieu vous accorde la réussite, que Dieu vous soutienne, qu’Il vous accorde la force à accomplir ce qu’Il agrée parmi les paroles et les actes.
Notre dernière affirmation sera que la louange est à Allah le Seigneur des mondes
wasalla l-Lahou ^ala sayyidina Mouhammad wa^ala ‘alihi wasahbihi wasallam.